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L’application multi-cam de Vogo Sport surfe sur l’essor du wi-fi dans les enceintes sportives

L’application multi-cam de Vogo Sport surfe sur l’essor du wi-fi dans les enceintes sportives

Sonovision ─ Decembre 2015

Afin de compenser la saturation rapide des réseaux de téléphonie mobile à l’intérieur des lieux de compétitions sportives réunissant de nombreux supporters, le wi-fi s’installe peu à peu dans les arènes du sport de haut niveau. Avec lui, est née en France une application, Vogo Sport, qui utilise les capacités de sa large bande passante afin de proposer une nouvelle expérience audiovisuelle aux supporters. Le succès est au rendez-vous, puisque Vogo Sport étend aujourd’hui sa toile à l’international en Amérique du Nord et en Asie.

Si le wi-fi dans les lieux publics, notamment dans les enceintes sportives, est beaucoup plus développé en Amérique du Nord qu’en Europe, c’est pourtant de ce côté-ci de l’Atlantique que l’application mobile, ayant sans doute la plus forte valeur ajoutée pour les supporters, est née. Il y a un peu plus de deux ans, trois associés, Christophe Carniel, Pierre Keiflin et Daniel Dedisse ont en effet lancé, depuis Montpellier, Vogo Sport, une application qui augmente l’expérience audiovisuelle du supporter in situ. Cette start-up au cœur de la French Tech Montpelliéraine propose de s’interfacer de manière légère avec l’infrastructure wi-fi d’une enceinte sportive, afin que le supporter puisse télécharger son application dès lors qu’il est à portée d’une des bornes wi-fi du stade ou de la salle de sport. Généralement, Vogo Sport utilise les bornes wi-fi existantes, mais il peut également installer lui-même un réseau de bornes émanant de partenaires fabricants de routeurs wi-fi comme Cisco, Aruba Networks, Extreme Networks, Ruckus Wireless…

Vogo Sport se branche à la sortie de la régie de production mobile (ou fixe) et reprend à la volée jusqu’à huit flux vidéo SDI pour ensuite les afficher sur des terminaux mobiles (tablettes ou smart- phones) et offrir ainsi aux spectateurs dans le stade de devenir acteurs de leurs propres réalisations, via le choix de plusieurs angles de caméras (jusqu’à huit disponibles), de faire des ralentis instantanés…

« Pour le moment, notre application est encore méconnue au sein des arènes sportives et l’utilisation de l’application dépend beaucoup de l’information donnée en amont de l’événement, comme l’explique Christophe Carniel, PDG de Vogo Sport. Cela va de 5 % d’utilisateurs dans le public jusqu’à 20 %, ce qui reste très correct. » D’ailleurs, afin de drainer plus de monde et de garantir un succès plus important de son service à terme, Vogo Sport propose également le portage en marque blanche de son application sur l’application mobile existante de ses clients (voir encadré FFJudo).

Aujourd’hui, Vogo Sport a participé à une trentaine d’événements sportifs et constate des usages très divers de l’appli multi-caméras. Tantôt ce sont les entraîneurs ou les journalistes qui regardent un Replay avant même que la réalisation télévisuelle ne le mette à l’antenne, tantôt ils utilisent un angle de vue particulier visant à suivre et analyser la performance d’un sportif. « Pour l’instant, ajoute Christophe Carniel, nous avons couvert principalement des compétitions de sports individuels comme le judo, le tennis ou l’athlétisme, car ce sont des sports où notre appli rend possible le suivi instantané de toutes les épreuves, des phases qualificatives d’une compétition, chose impossible sinon quand on est dans les gradins. Toutefois, nous ressentons un intérêt grandissant de la part des fédérations sportives gérant les sports collectifs. »

Le succès de Vogo Sport dépasse aussi les frontières de l’hexagone. En juin 2015, la start-up a levé quatre millions d’euros en vue de financer son développement à l’international, en particulier au Japon où elle dispose déjà d’un distributeur, en attendant d’y créer une filiale, peut-être quand le « pays du soleil levant » accueillera la prochaine Coupe du Monde de rugby en 2019 ou les Jeux Olympiques d’été en 2020… Vogo Sport vient par ailleurs de créer une filiale en Amérique du Nord et à Genève afin de se rapprocher des sièges des principales fédérations sportives internationales.

Parallèlement à ce déploiement planétaire, la start-up montpelliéraine se penche sur les sports qui font moins d’Audimat et sont télévisés généralement sur le web. Elle a couvert récemment les championnats de France de water-polo ainsi que les championnats du monde de Kitesurf. Les fédérations sportives de ces sports plus confidentiels parviennent, grâce à cette appli, à fédérer plus de supporters et à mutualiser, grâce à de nouvelles sources de revenus publicitaires, des moyens de production vidéo supplémentaires pour la couverture télévisée.

Aujourd’hui, Vogo, qui compte une dizaine d’employés et vient de déménager pour s’agrandir, va doubler son personnel et continuer d’investir dans la R&D autour d’un axe majeur qui est l’expertise dans la robustesse des algorithmes, de corrections d’erreurs des normes de compression H264 et H265 afin de pallier les fluctuations d’une propagation wi-fi. La solution technique de Vogo Sport, en dépit du fait qu’elle propose des flux HD sur les terminaux mobiles est en effet très peu gourmande en bande passante : huit flux simultanés représentent une largeur de bande de 8 Mbits/s maximum. De même, Vogo travaille sur l’optimisation de la propagation du signal afin de couvrir une arène sportive avec 5 à 10 points wi-fi maximum transmettant dans la bande 2,4 GHz, mais surtout dans la bande du 5 GHz, moins encombrée par des services grand public. Pas de doute, Vogo surfe sur de bonnes ondes…